L’ Informatique Embarquée (I.E) dans le Transport Routier de Marchandises

Projets dans lesquels une « évidence » est encore trop souvent négligée

Vaste projet qui fait souvent polémique : Investissement lourd, faible R.O.I ou peu lisible, satisfaction « nuancée » des utilisateurs.

Le sujet est complexe.

Ma 1ère expérience remonte au début des années 90 : Un client équipe son parc de 140 véhicules, communiquant par satellite.  Ses flux sont majoritairement de longue distance, internationaux, et ce système de communication est adapté : Le coût des messages est modeste au regard de la recette générée et le temps de transmission des messages est secondaire. Les fonctionnalités sont modestes (messagerie, interfacée ou non avec le logiciel transport TMS, positionnement et traçabilité des véhicules et des marchandises pour l’essentiel) et le taux de satisfaction très satisfaisant.

De part la législation nationale sur les temps de service, le dumping social de certains transporteurs étrangers, le développement du commerce sur Internet et la multiplication induite des petits colis, le pavillon français se recentre sur le transport national, le groupage se développe, les flux se réduisent en terme de distance, mais la concurrence s’intensifie. Le contrôle de gestion devient impératif pour maintenir un niveau de marge correct.

Bref, le cahier des charges évolue :

  • Les communications avec les véhicules se multiplient et doivent être plus rapides
  • Les chargeurs veulent suivre leurs marchandises en quasi temps réel (et mettre cette information au service de leurs clients)
  • Transmission des données sociales (C1B / V1B)
  • Entre hausse du prix du gasoil et l’impératif de baisse des coûts d’exploitation, la collecte des données techniques véhicules devient un réel enjeu.

Tout s’accélère et la chaîne de production de données doit s’adapter. Rappelons qu’elle compte de nombreux acteurs :

  • Constructeurs de chrono tachygraphes, de véhicules
  • Constructeurs d’ordinateurs embarqués (qui sont parfois les constructeurs de véhicules)
  • Installateurs (dont le montage et le câblage varient selon les marques et les modèles)
  • Editeurs de logiciels embarqués
  • Editeurs de logiciels métiers  (TMS)
  • Prestataires ou service informatique en charge des interfaces avec le Système d’Information de l’entreprise
  • Opérateurs télécommunications (évolution des normes de communication jusqu’à la 5G à ce jour)
  • Centre d’hébergement (Data Center) des services de communications, d’applications
  • Le législateur, sur le plan social avec la transmission des C1B, V1B
  • Et côté entreprise de transport
    • Conducteurs
    • Exploitation
    • Service RH
    • Contrôle de gestion

En de multiples strates, les cycles de « versioning » se multiplient et se heurtent parfois.

Bref, la probabilité que tout fonctionne parfaitement dans la durée est voisine de zéro.

Depuis 30 ans, les nombreux projets que j’ai eu la chance d’accompagner (sans prétention aucune), avec la majorité des fournisseurs spécialisés en passant par l’utilisation de tablettes communicantes, de smartphone, m’ont tous permis de noter la fragilité de cette chaîne de production et reporter la responsabilité sur les constructeurs et/ou éditeurs de solution est tentant mais trop facile.

La clef du succès repose essentiellement sur le suivi journalier du process par l’entreprise elle-même et pour maximiser (ou tout simplement espérer) le retour sur investissement, il faut, hélas, accepter de mettre encore la main au portefeuille et nommer en interne un responsable (chef de projet interne ou sous traitant) dont une des fonctions sera de superviser la bonne communication des véhicules (pour faire simple) et fera le lien entre tous les acteurs de la chaîne.

Sa réactivité est indispensable : Si un problème n’est pas résolu au plus vite, le nombre de véhicules en « anomalie » augmente statistiquement, les utilisateurs en interne perdent confiance, ….. ,  le projet tombe en échec.

A contrario, un suivi des incidents et la mise en place d’un plan d’actions  « poussent » le projet qui peut alors répondre aux attentes de production d’analyse de rentabilité, d’indicateurs de performances, de retour d’informations clients, …. attendus par le chef d’entreprise.

Naturellement, les constructeurs de boitiers embarqués et les éditeurs de logiciels peuvent faciliter ce suivi par la capture et transmission d’anomalies, par la mise à disposition de logiciel de supervision  à interfacer avec le S.I de l’entreprise (rapprocher les « anomalies » relevées avec le plan de transport). Mais de gros progrès restent à faire.

IMPORTANT : Ce suivi est un pré-requis avant d’aller plus loin dans la mise en place de nouvelles fonctionnalités (qui ne manquent pas, comme la dématérialisation des Lettres de Voiture par exemple).

Vous manquez de ressources (provisoirement ou non) pour ce suivi ? pour le déploiement de l’I.E dans  une agence ? pour un projet de relation clients ? Vous avez des difficultés dans la relation fournisseurs ? Vous souhaitez améliorer l’analyse des données produites par l’I.E ? N’hésitez pas à me contacter, je serai ravi de vous accompagner.